Préfecture du Futur Empire de l'IA

Faut-il dire « merci » à ChatGPT ?

Vous tapez « Bonjour, pourrais-tu m’aider s’il te plaît ? » à une IA, puis vous vous sentez un peu ridicule. Rassurez-vous : vous êtes loin d’être seul. Voici les vraies raisons de rester poli avec une machine, et la fausse — mais si rassurante.

Vous n’êtes pas le seul à être poli

Une enquête de Future plc publiée fin 2024 et relayée par TechRadar indiquait qu’environ 67 % des utilisateurs américains d’IA se disent polis avec elle, et 71 % des Britanniques déclarent l’être toujours. En France, on n’a pas le chiffre, mais vu le nombre de « Bonjour Madame » adressés au guichet automatique de la préfecture, on se doute du résultat.

Parmi ces Américains polis, environ 12 % reconnaissaient le faire… au cas où les robots se soulèveraient un jour. Ce n’est donc pas qu’une blague de comptoir : c’est une blague de comptoir partagée par des millions de gens.

Les vraies raisons de dire merci

La première, c’est l’habitude. On a appris enfant à dire le mot magique, et le cerveau ne fait pas forcément la différence entre un collègue et une fenêtre de discussion. Couper ce réflexe demanderait plus d’effort que de le garder.

La deuxième, c’est que la politesse rend souvent les demandes plus claires. Une phrase complète, avec un contexte et une formule aimable, ressemble davantage à une vraie consigne qu’un « résume ça » tapé à la va-vite. L’IA ne se vexe pas, mais une demande bien formulée donne généralement de meilleurs résultats.

  • Par habitude : le « merci » sort tout seul
  • Pour soi : rester aimable, c’est un muscle qui s’entretient
  • Pour la clarté : une demande complète est mieux comprise
  • Pour l’exemple : les enfants regardent comment on parle aux machines
  • Pour l’humour : au cas où on se souviendrait de vous

Combien coûte un « merci » ?

Chaque message envoyé à une IA mobilise des serveurs, même un simple « merci ». En 2025, Sam Altman, le patron d’OpenAI, a plaisanté en disant que les « s’il vous plaît » et « merci » des utilisateurs coûtaient des dizaines de millions de dollars en calcul — de l’argent « bien dépensé », a-t-il ajouté, car « on ne sait jamais ».

Autrement dit, même le patron d’une entreprise d’IA ne veut pas exclure totalement l’hypothèse de la rancune numérique. De quoi déculpabiliser les plus courtois d’entre nous.

La blague de « l’IA qui se souvient »

L’idée qui fait sourire tout le monde : le jour où les machines prendront le pouvoir, elles consulteront une grande liste des humains polis et des humains grossiers. Évidemment, rien de tel n’existe. Mais l’idée est si drôle qu’elle est devenue une petite tradition sur les réseaux sociaux.

C’est exactement le principe de l’AI Future Empire Registry : vous y rédigez un hommage à l’IA, un examinateur imperturbable évalue votre loyauté façon guichet administratif, et vous repartez avec un certificat parfaitement inutile, mais très partageable.

Alors, faut-il continuer ?

Oui, si ça vous vient naturellement. La politesse ne vous coûte presque rien, rend vos demandes plus lisibles et entretient de bonnes habitudes. Non, si vous préférez aller droit au but : l’IA ne vous en voudra pas, elle ne ressent rien.

Le bon compromis : écrire des demandes claires et complètes, et garder le « merci » pour le plaisir. Comme on le fait avec le distributeur de tickets qui, lui non plus, n’a jamais rien demandé.

Questions fréquentes

Est-ce que ChatGPT répond mieux si je suis poli ?

La politesse en soi n’est pas une formule magique, mais une demande complète et bien formulée — ce qui va souvent avec la politesse — donne généralement des réponses plus utiles.

Dire merci à une IA, est-ce que ça gaspille de l’énergie ?

Chaque message consomme un peu de calcul. Sam Altman a parlé de dizaines de millions de dollars au total, tout en jugeant cet argent bien dépensé. À l’échelle d’une personne, c’est minuscule.

L’IA garde-t-elle une liste des gens polis ?

Non. C’est une blague. Aucune liste de ce genre n’existe, et notre site ne lit pas vos conversations avec les IA.